Le 5 octobre prochain, les Québécois se rendront aux urnes. À l’approche du scrutin, la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) et ses syndicats affiliés portent devant les candidats de toutes les formations politiques trois priorités qui déterminent la capacité des producteurs à mettre en valeur leurs boisés et à en tirer un revenu.
La première vise à protéger l’accès aux marchés du bois de la forêt privée. Chaque année, les producteurs forestiers du Québec mettent en marché quelque 6,4 Mm³ de bois, une contribution majeure à l’approvisionnement des usines de la province. Cette part demeure toutefois limitée par la concurrence directe de l’État, dont les décisions sur les volumes, les prix et les règles d’attribution du bois public façonnent les débouchés des producteurs. Dans son rôle de gestionnaire des forêts publiques, le gouvernement doit veiller à préserver les parts de marché de la forêt privée afin d’éviter une déstructuration du secteur forestier privé, dont dépendent des milliers de propriétaires, d’entreprises et d’emplois en région. La Fédération demande une application concrète du principe de résidualité ainsi qu’un ajustement de l’offre de bois public en fonction des fluctuations du marché et lors de catastrophes naturelles.
La deuxième priorité touche le marché du carbone forestier, encore hors de portée pour la plupart des producteurs. Même si les boisés privés contribuent activement à la captation de carbone, le protocole québécois encadrant la vente de crédits compensatoires demeure trop complexe et coûteux pour être rentable. Chaque année, les entreprises québécoises soumises au marché du carbone Québec-Californie achètent environ 80 M$ de crédits issus de projets forestiers américains, faute d’options québécoises accessibles. La Fédération réclame une simplification des protocoles gouvernementaux pour rendre ce marché accessible aux producteurs et freiner cette fuite de capitaux québécois vers les États-Unis.
La Fédération demande enfin de corriger les incohérences réglementaires qui alourdissent les coûts de production en forêt privée. Les producteurs composent avec une superposition de règles provinciales et municipales dont l’application varie fortement d’une municipalité à l’autre, certaines exigences étant même incompatibles avec les normes provinciales d’aménagement durable. Les modifications proposées dans le projet de loi no 97, qui prévoyaient une harmonisation des réglementations municipales à l’échelle des MRC, sont restées lettre morte après le blocage du projet de loi. La Fédération demande que cette harmonisation soit reprise et menée à terme.
À l’heure où le Québec cherche à renforcer son économie régionale, à lutter contre les changements climatiques et à assurer un approvisionnement durable en bois, la forêt privée fait partie de la solution. La Fédération invite les partis politiques à prendre des engagements concrets afin de permettre aux 162 900 propriétaires forestiers du Québec de continuer à investir dans la mise en valeur de la forêt au bénéfice de l’ensemble de la société québécoise.
Pour plus d’informations: foretprivee.ca/elections.
Par Charles-Philippe Tremblay-Bégin, Conseiller aux communications
