Développement durable

 

Politique sur les saines pratiques forestières Certification forestière

POURQUOI PARLE-T-ON DE CERTIFICATION EN FORÊT PRIVÉE?

La certification forestière est généralement définie comme un processus reconnu par lequel un organisme d’enregistrement, accrédité et indépendant, certifie qu’un requérant gère et utilise les ressources forestières sur un territoire donné, d’une manière qui respecte des normes préétablies d’aménagement forestier durable. La certification forestière est apparue au début des années 1990, à la suite de pressions exercées par des groupes environnementalistes préoccupés par les problèmes de déforestation et de dégradation des forêts tropicales. Le concept a pris rapidement de l’ampleur et s’est répandu à l’ensemble des forêts.

foret_certification_spbcsDepuis quelques années, on constate donc certain intérêt des marchés pour obtenir des produits forestiers certifiés. Ce mouvement s’illustre par les politiques d’achat adoptées par quelques chaînes de magasins à grande surface ou diverses institutions. L’Association des produits forestiers du Canada et ses sociétés membres croient aussi que les acheteurs de produits forestiers canadiens apprécient l’assurance additionnelle associée au bois provenant de forêts certifiées et font la promotion du processus.


QU’EST-CE QU’UNE NORME DE CERTIFICATION?

Au Québec, on rencontre trois normes de certification forestière : la « norme canadienne d’aménagement forestier durable (CSA) », la « sustainable forestry initiative (SFI) » et la « norme du Forest Stewardship Council (FSC) ». Toutes les initiatives de certification ayant cours actuellement en forêt privée au Québec utilisent la norme du FSC. Le Forest Stewardship Council est une organisation non gouvernementale sans but lucratif, créé en 1993 par un groupe représentatif de diverses organisations provenant de 25 pays et comprenant des groupes environnementaux, sociaux, de commerce du bois et du secteur industriel forestier.

Une norme de certification possède habituellement une structure hiérarchique de ses principaux éléments et celle du FSC ne fait pas exception. Ainsi, la « Norme de certification pour la région des Grands Lacs/Saint-Laurent », qui est la plus populaire au Québec, compte 10 principes dictés par FSC International. Les principes sont au plus haut niveau de la norme et constituent les règles essentielles de l’intendance forestière.

Chaque principe contient ensuite une série de critères qui lui fournissent une signification et le rendent opérationnel. On en compte un total de 56. Les principes et les critères sont les pièces maîtresses de la norme de certification utilisée au niveau international.

Enfin, chaque critère contient un ou plusieurs indicateurs. Ce sont les éléments qui présentent le plus d’intérêt pour le requérant, parce qu’ils contiennent les indications relatives au rendement à atteindre ou aux conditions à satisfaire. On en compte un total de 124. Divers moyens de vérifications fournissent une façon d’évaluer si les conditions de l’indicateur sont effectivement satisfaites.

Le processus de certification comprend trois étapes importantes :

  • Le pré-audit, aussi appelé l’analyse d’écarts, vise à identifier les éléments manquants pour atteindre les exigences de la norme utilisée. Le rapport de l’auditeur indique alors les correctifs à apporter au système en place chez le requérant avant de procéder à l’audit initial d’enregistrement.
  • L’audit initial d’enregistrement vise ensuite à vérifier sur le terrain, la conformité des activités d’aménagement forestier ainsi que du système en place chez le requérant, en relation avec les critères et indicateurs de la norme utilisée. Si ces vérifications sont satisfaisantes pour l’auditeur, un certificat sera émis par le FSC et sera valide pour une période de cinq ans.
  • L’audit annuel de suivi que l’auditeur réalisera chaque année pendant la période de validité du certificat, vise à confirmer le respect de plus en plus complet des critères et indicateurs de la norme utilisée. En effet, l’obtention d’un certificat FSC n’est pas une fin en soi, mais le début d’un exigent processus d’amélioration continue.


UN MODÈLE À DÉVELOPPER 

Depuis l’assemblée générale d’avril 2007, le Syndicat se tient informé de l’évolution de la certification environnementale en forêt privée.  L’analyse détaillée des écarts entre la situation actuelle et celle recherchée par le Forest Stewardship Council (FSC) a aussi été complétée par le Syndicat. De plus, plusieurs éléments essentiels au processus de certification, tels que l’identification des forêts à haute valeur pour la conservation et l’analyse des enjeux écologiques reliés à la mosaïque forestière naturelle, ont été élaborés par les agences régionales dans le cadre de la mise à jour des plans de protection et de mise en valeur des forêts privées (2013). 

En fait, la certification est une démarche complexe d’amélioration continue qui nécessite l’intégration de nombreux concepts et son implantation en forêt privée est très onéreuse, selon les normes en vigueur.  D’après l’expérience de personnes déjà impliquées dans une telle démarche, le coût direct de la certification d’un territoire privé regroupant un grand nombre de propriétaires est bien supérieur à 100 000 $ par année pour l’organisation requérante.  Le coût des divers ajustements qui devraient être apportés aux méthodes de travail en forêt est également important, mais est plus difficile à évaluer car un grand nombre de producteurs seraient concerés.

Enfin, dans le contexte actuel de la mise en marché des bois, on doit constater que les ressources financières importantes qu’exige l’implantation généralisée de la certification, ne sont pas disponibles en forêt privée.  En effet, l’industrie forestière québécoise n’est pas prête à assumer une telle augmentation du coût de production de la matière ligneuse et les propriétaires de boisés privés ne le peuvent pas davantage.  C’est pourquoi un modèle plus souple et moins coûteux que ceux en place présentement aurait avantage à être développé pour la forêt privée, sur laquelle les pratiques sont déjà encadrées par un ensemble de lois et règlements.

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